Le renouvellement de la cavalerie représente un véritable défi sur une île. Les importations ne sont pas évidentes en raison de l'isolement et de l'éloignement de l'île, et développer un élevage local présente plusieurs difficultés sur un territoire aussi restreint. La filière repose sur un équilibre fragile, entre passion, nécessité et adaptation permanente.
IMPORTATION
En l'absence de Poste d'Inspection Frontalier (PIF) permettant une mise en quarantaine lors de l'entrée sur le territoire de chevaux provenant de pays tiers, seuls des chevaux en provenance de pays européens peuvent être importés à La Réunion pour des raisons sanitaires. A cause de la distance, la voie est aérienne est le seul moyen possible d'acheminer des chevaux depuis l'Europe.
Avant la période de COVID, l'importation d'équidés à La Réunion était très fréquente. 2 avions cargo par semaine venaient récupérer le fret, et prenaient avec eux des chevaux depuis l'aéroport de Roissy - Charles de Gaulle à Paris.
Depuis 2020, la production de fruits a baissé et la taille des avions de ligne a augmenté. Le fret est désormais transporté dans ces derniers, qui ne sont pas assez volumineux pour y accueillir des chevaux. Il est depuis très difficile d'arriver à rassembler le nombre minimum de chevaux requis pour dérouter un avion-cargo par La Réunion. S'il est difficile de faire rentrer des chevaux sur le territoire, notons qu'il est encore plus compliqué de les exporter. En effet, lorsqu'un cargo amène des chevaux, il ne rentre pas forcément directement en métropole, et ne peux donc pas ramener des chevaux sur ce territoire avec lui.
Avant la fermeture du PIF à la fin du XX ème siècle, des chevaux (notamment des réformés de courses) pouvaient être importés de pays bien plus proches avec un coût de transport bien plus raisonnable (Ile Maurice). Depuis que les vols cargo se sont raréfiés, le prix du billet d'avion a augmenté, auquel s'ajoutent le prix d'achat du cheval, et des mois de pensions en métropole en attendant qu'un vol soit disponible.
C'est dans ce contexte de grandes difficultés d'importation que se développe et se professionnalise l'élevage local. L'idée est désormais d'importer lorsque c'est possible des reproducteurs afin de développer l'élevage et de former localement nos jeunes chevaux pour qu'ils soient utilisables plutôt que d'importer des chevaux directement prêts à l'emploi comme autrefois.
ELEVAGE
L'élevage est une filière toute jeune à La Réunion qui se structure et se professionnalise depuis quelques années. Les exploitations agricoles équines réunionnaises se distinguent par leur polyvalence. Chaque structure cumule plusieurs activités par nécessité de diversifier ses sources de revenus afin d'assurer la viabilité économique de son activité dans un contexte insulaire exigeant. C'est-à-dire que toutes les structures font quelques naissances pour assurer leur renouvellement de cavalerie, et à l'inverse, une dizaine de structures sont spécialisées en élevage, tout en cumulant d'autres activités telles que de la pension ou des cours d'équitation. Si ce fonctionnement n'est pas propre à La Réunion, il y est davantage marqué que dans d'autres régions !
L'Association Réunionnaise de Valorisation et d'Élevage d'Équidés (ARV2E) est l'association régionale d'élevage. Elle importe des semences congelées en partenariat avec Groupe France Étalon (GFE) afin d'apporter de la diversification génétique dans le cheptel, et œuvre pour l'amélioration des conditions de reproduction.
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L'élevage local réunionnais fait face à plusieurs défis dans son développement :
- Risque de consanguinité élevé
- Difficultés d'importer des reproducteurs par manque d'avion
- Manque d'inséminateurs et de vétérinaires sur le territoire
- Difficultés d'accès au foncier
- Absence d'outils de valorisation des jeunes chevaux
- Manque de moyens financiers de l'ARV2E
- Débouchées économiques restreintes